Fallait-il toutes ces souffrances à Gaza ?
En ce jour de réveillon, il m'est impossible de rester insensible aux bombardements israéliens de Gaza. Cette escalade de violence qui dure depuis plus de 60 ans doit cesser et une solution juste et négociée doit émerger. Je vous invite à lire l'édito de Baudouin Loos paru dans le journal Le Soir de ce lundi 29 décembre. Il décrit parfaitement l'inutilité de ce déchaînement de violence. Au-delà de ces évènements tragiques, je vous présente, ainsi qu'à votre famille, tous mes vœux de bonheur, de joie, de santé et de solidarité pour 2009.
BAUDOUIN LOOS
Des morts par centaines. Des destructions. Du sang. De la haine, toujours plus de haine. Et, en même temps, une souffrance infinie des populations.
L'image est celle d'un Israël dévastateur usant d'une puissance de feu inouïe, disproportionnée, comme l'a dit Nicolas Sarkozy. Le Hamas n'est pas le Hezbollah libanais, ni en termes de moyens militaires ni d'entraînement à la guerre. Le blason de l'armée israélienne terni en 2006 au Liban ne sera pas sauvé par une « victoire » contre le Hamas.
Quel but Israël peut-il atteindre par ces violences contre les Palestiniens d'une ampleur inédite depuis 1967 ? Venir à bout du Hamas ? Ce serait étonnant. Alors, plus modestement, obtenir l'arrêt des tirs de roquettes, comme le disent les autorités ? Peut-être. Si des centaines d'activistes palestiniens meurent et si leur matériel est détruit, une période de calme relatif s'imposera. Avant que la violence ne reprenne de plus belle, un peu plus tard, dans quelques mois. Aucune population ne peut vivre enfermée ou occupée sans se révolter. A fortiori quand elle est dominée par un mouvement islamiste jusqu'au-boutiste.
Le recours aux roquettes artisanales par les militants palestiniens ne peut certes se justifier, puisqu'il ne vise qu'à tuer indistinctement des civils (même si ce résultat n'est atteint que de façon rarissime). Par cette technique rudimentaire et lâche, le Hamas cherchait à ce qu'Israël assouplisse le siège infernal qui étrangle la population du misérable territoire où il règne.
En fait, sauf à imaginer la réoccupation de la bande de Gaza et un effroyable « nettoyage », il y a gros à parier qu'en fin de compte, c'est ce qui se produira : le Hamas consentira à mettre ses roquettes en sourdine et Israël rouvrira un peu plus les frontières. Fallait-il tous ces morts pour un tel résultat ?
Pour bien des raisons, les Israéliens ne se montrent pas décidés à évacuer les territoires occupés ou libérer ceux qui sont encerclés, comme l'exige pourtant le droit international. La communauté internationale est également coupable, qui ne bouge pas le petit doigt pour presser Israël à se diriger dans la bonne direction. Pire : l'Europe, après l'Amérique, ouvre ses bras à Israël. Comme si tout allait bien.