Est-il juste que les enseignants payent la crise ?

Publié le par André FREDERIC

Marie-Dominique Simonet, ministre de l'Enseignement obligatoire (Cdh), a dévoilé une série de mesures, dont l’alourdissement maximal de l’horaire des enseignants et leur prépension repoussée à partir de 2011, en vue de réaliser des économies. Elle voudrait amener chaque enseignant à la prestation maximale de la plage horaire, ce qui se traduit par un alourdissement de l'horaire dans les faits. Le système des "prépensions" (DPPR) à 55 ans, garanti jusqu'en 2011, serait repoussé jusqu’à l’âge de 58 ans.


Pour le surplus, la Communauté française renoncerait au soutien d'un million d'euros pour les classes de dépaysement, limiterait les dépenses pour les activités des "jours blancs", renoncerait à négocier un régime de gratuité ou de réduction de l'abonnement SNCB pour les élèves,…


Nous n’occultons pas l’importance de la crise financière mais nous nous interrogeons sur les réponses à y donner. L’enjeu est de savoir qui va payer la crise. Ne serait-il pas légitime de faire payer la note à ceux qui l’ont engendrée ? Etrangement, alors que les salariés sont affectés de plein fouet (blocage des salaires, licenciements massifs, plan d’austérité pour les services publics), aucun mécanisme essentiel du capitalisme financier n’a encore été remis en cause (libre circulation des capitaux, paradis fiscaux).


Pour la ministre de l’enseignement, c’est visiblement aux travailleurs de combler la brèche. Madame Simonet veut contraindre, pour être clair, les enseignants à travailler plus et plus longtemps sans compensation financière Les enseignants seront dès lors touchés à double titre par la crise : en tant que contribuable d’abord et par des mesures particulières aggravant leurs conditions de travail ensuite.


Il y a fort à craindre que l’enseignement, même s’il est le premier secteur visé, ne sera pas le dernier. André Antoine n’a pas camouflé les difficultés financières actuelles et a même annoncé une « tempête sociale ».

Il est inacceptable que la collectivité devienne l’assureur contraint de la finance spéculative, que ceux qui sont étrangers à tous les mécanismes financiers en payent maintenant les effets dévastateurs.

C’est bien la première fois que les tenants du libéralisme plaident pour la mutualisation …des pertes il est vrai.


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