"Casse-toi, pauvre con !"
L’insulte grossière est un exercice rare en politique. Voilà une assertion surprenante au sujet d’un milieu où les égos et les rivalités s’expriment sans retenue ! Et pourtant, la raison est simple : l’insulte n’est rien d’autre qu’un aveu de faiblesse face à un conflit, l’arme imbécile et sans fond de celui qui se trouve désemparé et perd ses moyens face à son contradicteur … Faiblesse, manque de fond, perte des moyens : Assurément tout le contraire des qualités qui font un « Homme de pouvoir » ! D’où la douloureuse expérience de Nicolas Sarkozy qui fait une énième fois l’actualité pour ses polémiques médiatiques plutôt que pour l’efficacité de son action politique... Bien sûr, je rejoins ceux qui pensent qu’un Président de la République doit adopter un comportement digne de la fonction. Quoiqu’en disent les chiens de garde du camp UMP, il ne s’agit pas là de l’expression glorieuse d’un homme fonceur, direct et au parler vrai mais plutôt de l’expression minable d’un homme hystérique, sanguin et au parler vulgaire… digne des « racailles » qu’il voulait alors karcheriser !!!
Bon, je vous l’accorde, la vérité se situe peut-être entre ces deux points de vue. Un homme politique est en effet sans cesse soumis à la contradiction (opposition, médias, adversaires politiques, monde associatif, syndicats, citoyens,…) et il arrive que cette contradiction s’exprime par des insultes rarement légères. Ainsi, il y a de nombreuses années (je ne siégeais pas encore à la Chambre) j’avais subi tout au long d’un discours des insultes virulentes d’un groupe de manifestants, lesquels avaient joint le geste à la parole (grossière) en me matraquant de dangereux pétards pirates. Acculé, j’avais alors répondu à ces attaques par un geste peu amène que j’ai longtemps regretté… Mais je ne présidais « que » la Fédération verviétoise du PS, pas la République Française !
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