Le dogme sécuritaire envahit les esprits
Le ministre de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V) a déposé un projet de loi qui permettrait de conserver toute communication électronique durant deux ans. Il s'agit notamment de l'enregistrement de la circulation de courriers électroniques et du moment auquel une personne se connecte au réseau internet. La Justice pourra accéder aux banques de données des opérateurs. Ces informations ne pourront toutefois être utilisées que dans cadre juridique et ce, sous l’autorité expresse d’un juge d’instruction. C’est comme si la poste conservait une copie papier de tous vos courriers pendant deux ans.
Une grande attention s’impose malgré tout par rapport aux atteintes à la vie privée que porte ce pouvoir discrétionnaire des autorités judiciaires et les dérives qu’il potentialise. Personne n’est en mesure d’assurer que la rétention de données à caractère personnel ne sera pas politiquement exploitée ou économiquement valorisée.
Sous l’étendard d’arguments sécuritaires insidieux, des ingérences de plus en plus courantes dans la vie privée sont justifiées. Ces mesures suggèrent une atmosphère de défiance généralisée qui présume chaque citoyen comme potentiellement dangereux.
La raison sécuritaire ne doit pas prendre le pas sur la . Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ne doivent pas servir à assurer la surveillance de nos concitoyens sous peine de vider de son sens l’exercice de la liberté d’expression.
Si l’on ne veut pas sombrer dans une société de contrôle généralisée, il est nécessaire de faire preuve de la plus grande vigilance. C’est le cœur même de notre démocratie qui est en jeu.