A linsu de mon plein gré !
Après avoir obstinément magnifié le sport, de nombreux commentateurs le prennent désormais pour cible. Ils semblent stupéfaits à la découverte que les valeurs positives du sport peuvent cacher de sérieuses failles, dont la principale est actuellement le dopage. En réalité, il n’y a aucune raison que le sport soit affranchi des tares de la société. La loi de l’argent et la logique de la compétition franchissent tous les périmètres.
Les TV donnent à la « société du spectacle » un essor dont n’auraient pu rêver les empereurs romains. Le paradoxe, c’est que ces shows aliénants pour le peuple sont exigés par ces mêmes foules en délire.
Depuis le célèbre arrêt Bosman, le sport a perdu son exceptionnalité. La loi du marché y règne sans partage et les valeurs résiduelles se diluent.
Il n’est pas juste d’incriminer le seul sportif, pas plus qu’il ne convient de l’excuser. La responsabilité est diffuse : sont responsables à des degrés divers les annonceurs qui tirent des profits substantiels de leur parrainage, les organisateurs qui regardent ailleurs en espérant que tous feront pareil, les journalistes qui s’émerveillent béatement face à l’exploit ainsi que les spectateurs qui veulent toujours plus de divertissement. Vous en conviendrez, on est loin de la devise de Pierre de Coubertin !