Rien que des mots...
La communication politique est décidément un art bien complexe… Et dans les nombreux artifices qu’elle emploie, la « petite phrase » fait désormais figure d’arme de prédilection.
Traquées par les journalistes avides de polémiques, délivrées avec plus ou moins d’aisance par des politiques verbeux et véritable objet de délectation pour l’observateur d’une vie politique belge un peu fadasse, les petites phrases sont devenues le lot quotidien du paysage politico-médiatique.
Tantôt spontanées, tantôt préparées avec soin par les communicants de l’ombre, on peut distinguer 4 classes de petites phrases :
1. La petite phrase rigolarde : L’icône du genre reste le sémillant député wallon écolo Marcel Cheron. Obligé de jouer les animateurs de Club Med pour exister, Marcel est devenu, grâce à la verve de ses mots, une véritable coqueluche des médias … Au risque de laisser le souvenir d’un clown de l’assemblée plutôt que d’un député au travail !
2. La petite phrase programmatique : La petite phrase « Il faut travailler plus pour gagner plus » prononcée par Sarko lors d’un meeting électoral est vite devenue l’un des slogans les plus emblématique du dieu de la com’ (bien plus que son « Ensemble, toute devient possible »). Le Président karcheriseur est parvenu à communiquer sur son programme en quelques mots d’une simplicité déconcertante, une véritable leçon d’efficacité !
3. La petite phrase déclaration de guerre : Si Philippe Moureaux fait depuis longtemps office de sniper en la matière, son costume lui a été volé avec peu d’élégance par un certain Didier Reynders. « Les socialistes dans l’opposition, c’est en soi une réforme de l’état » aura été LE coup d’éclat du maître bleu parmi toutes ses diatribes anti-rouge. L’attaque gratuite masquant l’absence de programme et d’idées a encore de beaux jours devant elle…
4. La petite phrase « à l’insu de mon plein gré » : Réservée aux incompétents de la com', cette classe de petite phrase a trouvé son plus grand représentant : Yves Leterme ! Ce dernier, confiant à un journaliste la dernière blague à la mode (Vous savez comment on appelle